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Féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions

 

Dans les administrations publiques, la première circulaire relative à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions date de 1986. Elle a été confirmée par une circulaire de 1998 et par d’autres instructions depuis.

Afin d’aider à la féminisation des noms métiers, titres, grades et fonctions, le CNRS a élaboré dès 1999 un guide qui continue d’être observé comme une référence, en raison de son exhaustivité.

Télécharger le guide complet d’aide à la féminisation des noms de métiers (format pdf - 419.8 ko - 22/01/2019)
Télécharger une liste de 2000 noms de métiers, grades ou fonctions mis au féminin (format pdf - 170.5 ko - 22/01/2019)

Le saviez-vous ?

Le masculin ne l’a pas toujours emporté sur le féminin. Jusqu’au XVIIe siècle, tous les noms de métiers, fonctions et dignités exercé·es par des femmes étaient nommé·es au féminin, de même que tous les métiers, fonctions et dignités exercé·es par des hommes l’étaient au masculin (exemples : cuisinière, marchande, procuratrice, professeuse, philosophesse, enchanteresse, doctoresse, charpentière, autrice).

Ce sont les réformes des grammairiens et lexicographes au XVIIe siècle qui ont « imposé » la règle du masculin qui l’emporte, aboutissement d’une longue période de réflexion qui débute à la Renaissance sur la place des femmes et des hommes dans la société, et en particulier sur le terrain politique. Il est question de savoir si les femmes peuvent gouverner, peuvent ne pas obéir à leur mari ou peuvent exercer les mêmes fonctions que les hommes.

En 1647, douze ans après la création de l’Académie Française, l’un de ses membres, Claude Favre de Vaugelas, préconise que le masculin doit l’emporter en grammaire au motif que « Le masculin est plus noble que le féminin ». Un siècle plus tard, le professeur Nicolas Beauzée justifie que, selon lui, « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle ».

Au cours de la Révolution française, les femmes demandent que cesse la suprématie de l’usage du masculin en même temps qu’elles réclament le droit de vote. C’est en 1882 que l’État tranche en faveur du masculin lorsqu’il rend l’instruction publique obligatoire. Des mots présents dans le français ancien disparaissent alors, tels que le féminin de auteur, procureur, professeur, ou philosophe (autrice, procuratrice, professeuse, philosophesse). A l’inverse, les métiers moins valorisés socialement n’ont jamais été privés de leur féminin lorsqu’ils en avaient. Exemple : Le gastelier et la gastelière sont devenu·es le pâtissier et la pâtissière.

Cette hiérarchisation des sexes par le langage est devenue ensuite si courante et intériorisée qu’on ne la remarque (presque) plus aujourd’hui.

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